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Les Qualités Physiques

Les qualités physiques

Introduction

Qu’il s’agisse de mouvoir son corps ou de mouvoir une charge, on peut déduire de tous ces types de mouvements les qualités physiques fondamentales nécessaires à leur réalisation : souplesse et mobilité, gainage, force et endurance musculaire, explosivité et puissance, agilité, coordination, équilibre, précision, endurance cardiovasculaire.

En les regroupant par « catégorie », on obtient quatre grandes familles : la capacité articulaire, la capacité musculaire, la capacité de travail et la capacité de coordination. Voici une courte présentation de ces capacités. Chacune d’elle fera l’objet d’un article dédié.

La capacité de mouvement

Le métier de militaire fait partie de ces professions qui sollicitent en permanence le corps et qui nécessitent donc une bonne condition physique. Les tâches à effectuer sont multiples. Courir, sauter, ramper, s’accroupir, se relever, se tracter, grimper, soulever lourd et vite, sont autant de mouvements qui composent le quotidien du soldat.

S’ils apparaissent très différents, ils possèdent pourtant tous un point commun. Ce point commun, c’est qu’il faut être mobile pour les réaliser de manière la plus efficace possible tout en économisant le plus d’énergie et en limitant le risque de blessure. On parle bien ici de mobilité, et non de souplesse. Bien qu’elles soient liées, ce sont pourtant deux notions différentes.

La souplesse, ou souplesse passive, est la capacité d’atteindre un certain degré d’amplitude de mouvement de manière passive. Dans un travail de souplesse, on étire les muscles mais il n’y a aucune tension musculaire, et donc aucun contrôle de la stabilité des articulations.

La mobilité, ou souplesse active, est la capacité d’atteindre un certain degré d’amplitude de mouvement de manière active. Dans ce cas, il y a bien une tension musculaire, ce qui induit un développement simultané de la stabilité articulaire. Être mobile, c’est donc être capable de déplacer une articulation activement dans une amplitude de mouvement maximale.

En effet, la souplesse passive, développée par des assouplissements, ne se transmet pas toujours dans le mouvement. Il faut donc apprendre au corps à contracter les muscles dans des amplitudes élevées, c’est-à-dire quand une articulation est en extension complète.

Dans toute activité physique, c’est donc bien la mobilité qui permet la réalisation de la plupart des mouvements. Cependant, il est nécessaire d’avoir une certaine souplesse pour être mobile. Il s’agit donc de travailler ces deux composantes, intrinsèquement liées, simultanément.

La capacité musculaire

La mobilité est donc indispensable pour des performances physiques optimales. C’est un travail qui cible la structure-même du corps humain, les articulations, et le renforcement musculaire profond. Elle doit être suffisamment développée pour permettre l’exécution de tout un panel de mouvements utilisés quotidiennement par le militaire.

Pour effectuer ces mouvements, les muscles se mettent en tension et génèrent de la force. Si améliorer la structure du corps permet un bon fonctionnement du mouvement d’un point de vue anatomique, il faut également développer la capacité musculaire, ou la force.

La force, c’est donc la capacité du muscle à générer une tension dans le but de déplacer une charge ou son propre corps. Il existe plusieurs régimes de contraction musculaire :

  • Régime isométrique
  • Régime concentrique
  • Régime excentrique
  • Régime pliométrique

S’il y a plusieurs manières de contracter ses muscles, il y a donc plusieurs manières de produire de la force. On différencie trois types de force :

  • Force maximale : régimes concentrique/excentrique ou isométrique
  • Force explosive : régime pliométrique
  • Force endurance : régimes concentrique/excentrique

La capacité musculaire est donc la capacité absolue du muscle à produire tel ou tel type d’effort : soulever une charge la plus lourde possible, accélérer un objet (lancer, etc.), soulever une charge modérée plusieurs fois, etc.

La capacité de travail

Il s’agit de l’amélioration des performances du point de vue énergétique et cardiovasculaire, pour être capable d’en faire plus en moins de temps. Pour réaliser un effort, le corps a besoin de carburant. Ce carburant, c’est l’ATP (Adénosine Tri Phosphate), et c’est la seule forme d’énergie utilisable pour la contraction musculaire. L’ATP est une molécule chimique, et pour la renouveler l’organisme utilise trois filières énergétiques : l’anaérobie alactique, l’anaérobie lactique et l’aérobie. Ces filières sont liées et agissent ensembles, mais il y en a une qui sera prépondérante selon le type d’effort provoqué.

Augmenter sa capacité de travail, c’est donc conditionner son métabolisme, l’optimiser pour être plus rentable dans l’effort, récupérer plus rapidement : produire plus d’énergie, plus vite. Les filières anaérobies produisent de l’ATP directement utilisable dans le muscle. La filière aérobie sert à recycler le résultat des filières anaérobies. Donc plus la filière aérobie sera performante, plus les filières anaérobies pourront s’exprimer.

La capacité de coordination

La capacité de coordination est la capacité à contrôler et à réguler une fonction motrice. Elle permet au sportif de maîtriser avec sécurité et économie des mouvements issus de situations imprévues. La capacité de coordination permet aussi d’apprendre rapidement une suite de mouvements, et est utile pour maîtriser une situation qui demande une réaction rapide et précise.

On distingue cinq composantes de la capacité de coordination :

  • La qualité de différenciation : la capacité à régler minutieusement chaque phase de mouvement et de déplacement corporel
  • La qualité de réaction : la capacité à débuter et à conduire le plus rapidement possible une action motrice adaptée en réaction à un signal
  • La qualité de rythme : la capacité à comprendre un rythme donné et à l’appliquer corporellement
  • La qualité d’orientation : la capacité à déterminer et à corriger une position, ainsi qu’à effectuer des mouvements selon un espace et un temps d’action donné
  • La qualité d’équilibre : la capacité de maintenir un état d’équilibre de tout le corps, surtout lors d’important mouvement

Entraînement physique fonctionnel

Après avoir parlé du mouvement et des qualités physiques qui en découlent, on a désormais une vision plus précise de ce qu’est l’entraînement « fonctionnel ». L’entraînement physique fonctionnel, c’est une vision du corps dans son ensemble, une approche de l’entraînement par le mouvement, les schémas moteurs et les qualités physiques.

C’est donc une vision qui est différente de celle de l’entraînement en musculation traditionnel, dont l’hypertrophie est l’objectif principal, et qui divise bien souvent le corps par muscle. Or, comme nous l’avons vu, le corps fonctionne en synergie, et s’entraîner uniquement assis ou allongé sur des machines et en isolant les muscles n’a donc pas de sens. Ce qui ne veut pas dire que l’hypertrophie et l’isolation n’ont pas leur place dans une préparation physique fonctionnelle, bien au contraire. Mais c’est bien une partie de l’entraînement, un outil, et non un but en soi.

Dans quel but adopter une vision de l’entraînement « fonctionnelle » ? Celui d’être performant au quotidien, dans son travail ainsi que dans sa vie personnelle. Celui d’être prêt à faire face à plus ou moins n’importe quelle situation. Et surtout, celui d’être en bonne santé et de se sentir bien dans son corps et dans sa tête. Se sentir souple, mobile, fort, explosif, endurant et autre se répercute sur le mental. Bien dans son corps, bien dans sa tête. Et non l’inverse.

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